Un vaccin contre le sida bloqué par le CNRS ?

Publié le 07/03/2016

Le chercheur du CNRS Erwann Loret affirme dans 20 Minutes qu'il doit cesser ses recherches pour aboutir à un vaccin contre le virus du sida, à la demande de son organisme de tutelle. Ces travaux étaient menés pour le compte de l'entreprise Biosantech, qui veut lancer un nouvel essai clinique.

Le Dr Erwan Loret.PHOTO ARCHIVES LP

Ce mardi après-midi, Biosantech avait prévu d’annoncer un « espoir » pour la lutte contre le Sida. Grâce notamment aux « résultats exceptionnels » de son candidat vaccin, le TAT-OYI.
 
Mais lundi à 15 h, « le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) a signifié au Dr Erwann Loret, qui menait nos études, qu’il devait arrêter ses recherches et stopper toutes communications à leur sujet », a annoncé Corinne Treger, la présidente de ce laboratoire de Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes).
 
Sollicité par 20 Minutes, le CNRS n’avait pas encore réagi en milieu d’après-midi. Egalement contacté, Erwann Loret a simplement confirmé son interdiction de poursuivre ses travaux, témoignant aussi de sa « déception ». La responsable du laboratoire accuse à demi-mot « d’autres intérêts que ceux des malades ».
 
« Il y a peut-être ici en jeu d’autres intérêts que ceux des malades ».
 
« On n’a jamais été si proche du but, seulement voilà, ces recherches sont aujourd’hui coupées par la décision du CNRS, a poursuivi la responsable. Et nous ne pouvons pas passer en phase II/b de notre essai clinique qui nous aurait permis d’étudier le cas de ces patients en état de rétro séroconversion avec l’arrêt complet de la trithérapie, pour observer une éventuelle étape de guérison fonctionnelle. A savoir, l’indétectabilité des cellules et particules virales pendant trois mois après l’arrêt des trithérapies. »

 
La patronne de Biosantech, qui a déjà mis 2 millions d’euros dans ces recherches, a estimé mardi « qu’il y avait peut-être ici en jeu d’autres intérêts que ceux des malades ».
 
Corinne Treger arguant que les trithérapies représentaient « un chiffre d’affaires annuel en constante augmentation, de 19 milliards d’euros, pour de très gros laboratoires ». « Alors que le nôtre est atypique et que nous sommes une toute petite structure », a-t-elle complété.
 
Un courrier envoyé à Marisol Tourraine
 
« Si les choses restent en l’état, la licence du vaccin va retourner gratuitement dans le giron du CNRS avec le risque, aussi, qu’elle puisse être enterrée », a également pointé la présidente du laboratoire de Sophia-Antipolis. La dirigeante a fait savoir qu’elle avait adressé un courrier à la ministre de la Santé Marisol Tourraine pour lui faire part de sa déception.


Soit le Dr Erwann Loret est un manipulateur, qui espère récolter des fonds grâce à des effets d'annonce sur de pseudo-avancées de son vaccin . Dans ce cas, il serait scandaleux que les autorités de santé le laissent opérer depuis tant d'années (ses premiers travaux datent de 2001).

Soit les accusations portées depuis de nombreuses années par le Dr Loret et le laboratoire Biosantech sont justifiées.