Pourquoi le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord pourraient-ils devenir invivables ?

Moyen-Orient invivables
Publié le 04.06.2016 à 20:26

Notre planète a jusqu’au milieu du siècle dernier été en mesure de maintenir un équilibre écologique harmonieux et soutenir diverses formes de vie. Mais l'intervention humaine fut tellement démesurée que les écosystèmes de la Terre ont été complètement bouleversés. La révolution industrielle a impulsé un nouvel esprit chez l’homme, celui de la production intensive de biens de consommation ainsi que la recherche inconditionnelle de profit au point d’épuiser l’ensemble de nos ressources et dégrader notre climat terrestre. En effet, une partie du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord pourrait bientôt devenir inhabitable à cause du changement climatique.

chaleur moyen-orient

Une étude américaine affirme que la sécheresse en Syrie avait conduit à un effondrement de l'agriculture dans le nord-est et provoqué une cascade d’événements ayant conduit au soulèvement de 2011.
 
« Nous ne disons pas que la sécheresse ou même les changements climatiques induits par l'homme ont provoqué le soulèvement », a déclaré Colin Kelley de l'Université de Californie à Santa Barbara. « Ce que nous disons est que la diminution des précipitations et les températures plus élevées qui ont été relevées dans la région ont constitué des facteurs de sécheresse beaucoup plus grave. »
 
À partir de 2006, le croissant fertile où l'agriculture est née il y a 12.000 ans, a fait face à la pire sécheresse sur une période de trois ans et 1,5 million de syriens ont été déplacés vers les villes.
 
Dans la revue "National Academy of Sciences", Kelley décrit comment les pratiques agricoles en Syrie ont conduit à un épuisement massif des eaux souterraines.
 
Une baisse de 13% de la pluviométrie a été relevée sur la période d’hiver depuis 1931. Une autre tendance met en lumière des températures estivales en hausse, avec pour effet le desséchement d’une grande partie de l'humidité résiduelle des sols.
 
Pour explorer les causes de la sécheresse, les scientifiques américains se sont tournés vers des modèles d’études du changement climatique. Ils ont constaté que les modèles avaient prédit une tendance sèche et plus chaude pour la Syrie, en tenant compte des émissions de gaz à effet de serre.
 
Francesca De Châtel de l'Université de Radboud à Nimègue, aux Pays-Bas, a souligné que les communautés rurales avaient été laissées pour compte et de ce fait manifestées leur mécontentement. Ce qui a conduit à la situation que nous connaissons à l’heure actuelle.

rechauffement climatique

Des zones fortement impactées
 
Le réchauffement climatique affecte les régions de différentes manières, avec notamment des zones plus chaudes que d’autres. La tendance pour les régions du Moyen-Orient comme l'Égypte, la Libye, l'Algérie, la Tunisie et le Maroc, reste stable, avec néanmoins des températures de plus en plus élevées.
 
Entre 1986 et 2005, ces régions ont connu environ 16 jours d’extrêmes chaleurs sur une année. D’ici à l'an 2040, ce nombre pourrait considérablement atteindre 118 jours même si les émissions de gaz à effet de serre se réduisent.
 
Panos Hadjinicolaou, professeur associé à l'Institut de Chypre a déclaré dans un rapport : « Si l’humanité continue de libérer du dioxyde de carbone comme cela est actuellement le cas, alors les personnes vivant au Moyen-Orient et en Afrique du Nord devront survivre durant 200 jours à des températures très chaudes. »
 
Le nombre de réfugiés climatiques pourrait donc considérablement augmenter dans un futur poche.
 
Les chercheurs de l’Institut de Chypre et de l’Institut Max Planck de chimie de Mayence en ont déduit que le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord pourraient devenir des zones tellement chaudes au point de compromettre leur habitabilité.
 
L'objectif de tenter de limiter le réchauffement climatique de moins de deux degrés Celsius, comme convenu lors du récent sommet de la COP21 sur le climat à Paris, ne sera pas suffisant pour empêcher ce scénario.
 
Dans ces zones, les températures augmenteront deux fois plus rapidement par rapport au réchauffement planétaire moyen. Ce qui signifie qu’elles pourront atteindre jusqu’à 46 degrés Celsius (environ 114 degrés Fahrenheit) au milieu de ce siècle.
 
Ces journées de chaleur se produisent cinq fois plus souvent qu’au cours du dernier millénaire. Si tout cela est combiné à l’augmentation de la pollution de l’air du fait de la poussière du désert, alors les conditions environnementales pourraient devenir intolérables et inciter les populations à migrer.
 
Ce sont malheureusement les plus pauvres qui, réalisant des travaux extrêmement pénibles en plein air et incapables de se procurer par exemple des systèmes de climatisation pour leur domicile, souffriront le plus de ces changements. Le manque d’eau les met quotidiennement en danger, ainsi que les animaux et l’agriculture locale qui demeure leur unique moyen de survie.


100.000 personnes ont été évacuées autour de Fort McMurray comme des réfugiés climatiques à cause des températures élevées et de la sécheresse à l'origine du drame.


 Selon les experts de la Nasa, une montée des océans d’au moins un mètre est inévitable dans les 100 à 200 ans qui viennent.


Des grandes villes telles que Miami, New York, Tokyo, Singapour, Amsterdam ou encore Rotterdam pourraient être submergées par les eaux.


Dans un rapport publié en 2012, l’Onu prédisait 250 millions de déplacés dans le monde en 2050. Et selon les données de l’IDMC (Internally Displacement Monitoring Centre), 83,5 millions deréfugiés climatiques ont été recensés entre 2011 et 2014.


La Banque mondiale estime dans un rapport publié en novembre 2015 que plus de 100 millions de personnes pourraient basculer dans l’extrême pauvreté si les objectifs de réduction des gaz à effets de serre ne sont pas tenus.


Une espèce animale sur six pourrait disparaître si le rythme actuel des émissions de gaz à effets de serre se poursuit. Sans oublier la disparition de la Grande Barrière de Corail  qui s’étend sur 348.000 km2 au nord-est des côtes australiennes