Injections de cellules souches pour réparer les AVC

AVC cellules souches
Publié le 25.04.2016 à 22:30

Des personnes victime d’AVC (accident vasculaire cérébrale) ont remarquablement progressé au niveau de leur discours, et de leur mobilité après leur avoir injecté des cellules souches dans le cerveau.

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Il est encore trop tôt pour se prononcer, mais le succès de ce petit test suggère que nous avons sérieusement sous-estimé la capacité du cerveau à se régénérer. Il pourrait être en mesure de retrouver des fonctionnalités perdues.
 
« Une femme âgée de 71 ans ne pouvait plus bouger son pouce gauche au début du test », selon le neurochirurgien et chercheur Gary Steinberg de l'Université de Stanford qui a réalisé des tests sur 18 participants. Il explique : « Elle peut maintenant marcher et soulever son bras au-dessus de sa tête. »
 
Sept patients ont rapporté des améliorations notoires.
 
Il s’agit de la deuxième série de tests réalisés par la société SANBio basée dans la Silicon Valley.
 
Les patients du premier test, mené par la société britannique ReNeuron, avaient déjà montré quelques progrès après avoir reçu les injections.
 
Chaque personne impliquée dans le test a subi un accident vasculaire cérébral sur une période allant de six mois à trois ans avant l'étude.
 
Sur une période de une année, les chercheurs ont mesuré leur mobilité sur une échelle de 1 à 100, sachant que 100 signifie que le patient demeure entièrement mobile. Il a résulté qu’en moyenne les gens avaient progressé de 11,4 points, évolution considérée comme cliniquement significative. En d'autres termes, cela a eu un effet réel sur la vie des patients.

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En quoi consiste cette technique ?
 
La technique consiste à injecter des cellules souches dans le crâne des patients, en particulier dans les régions du cerveau connues pour contrôler les mouvements, et ayant été endommagés suite à des accidents vasculaires cérébraux.
 
Les cellules souches injectées sont appelées "cellules souches mésenchymateuses", issues de la moelle osseuse de deux donneurs sains. Elles ont été génétiquement modifiées pour générer un gène appelé "Notch1", connu pour stimuler le développement du cerveau chez les bébés. Chaque patient a reçu 2,5, 5 ou 10 millions de ces cellules.
 
Les chercheurs ont démontré que ces cellules injectées chez les rats ne duraient pas plus d'un mois dans leurs cerveaux. Néanmoins, il a été constaté que pendant ce temps, ces cerveaux sécrétaient des facteurs de croissance au point de déclencher de nouvelles connexions, former les cellules du cerveau et régénérer les tissus.
 
Le docteur Steinberg déclare au New Scientist : « Nous pensons que les cellules réparent le cerveau adulte si bien qu’il redevienne comme le cerveau d'un bébé ».
 
Aussi prometteur que cela puisse paraître, il reste beaucoup d’effort à faire avant que le traitement ne soit viable. Tous les patients ont signalé au moins un effet indésirable après le traitement et les tests à venir devront être extrêmement sécurisés.
 
Les chercheurs à l’origine du test au Royaume-Uni sont déjà en train de prévoir le plus grand essai clinique. Il s’agit de l'équipe SANBio qui est en train de planifier des tests sur 156 patients, selon le Washington Post.
 
Dans le cadre de la prochaine étude, un tiers des patients recevront un traitement placebo, pour aider l'équipe à évaluer l’efficacité de cette technique.
 
« Ce dernier essai suggère que le traitement est sécurisé et peut être en mesure de rétablir le mouvement des personnes victime d’un AVC, » selon Shamim Quadir de la Stroke Association du Royaume-Uni.
 
La recherche a été publiée dans la revue Stroke.