Immersion d’un maire de l'Utah chez des sans-abris


Publié le 17/08/2017

Nous prenons souvent nos logements pour acquis en oubliant que tant de gens n’ont pas la chance d’avoir un lieu pour dormir.


Dans les pays industrialisés, les sans-abris ont tendance à être négligés grâce à l’utilisation permanente de termes pour désigner les classes sociales. Ce qui a comme effet de nous séparer et nous encourager à la rivalité ainsi que de nous inciter à combler nos besoins individuels plutôt que collectifs.
 
On estime à environ un demi-million le nombre de sans-abri décomptés durant une nuit aux États-Unis du fait du manque de lieux décents pour les héberger.
 
Ben McAdams, maire de Salt Lake County dans l’Utah, a passé trois jours (deux nuits) à vivre dans les rues de la ville avant de décrire son expérience comme choquante.
 
L'expérience de McAdams a débuté le 24 mars 2017, lorsqu’il a quitté son bureau pour entreprendre un voyage de trois jours à parcourir les rues de la ville.
 
Son expérience en date d’il y a quelques mois ne s’est sue que récemment étant donné qu’il ne souhaitait pas que l’on assimile cela à un « coup publicitaire ».

Il a passé sa première nuit dans les rues pour mieux comprendre pourquoi quelqu'un choisirait de dormir dans la rue plutôt que dans un abri. Il pleuvait et faisait extrêmement froid étant donné que c'était à la mi-mars.
 
 « Vous vous demandez pourquoi les gens choisissent de le faire, sachant qu'il y avait des lits disponibles dans les abris » s’est interrogé McAdams.
 
En effet, ils ont obtenu leurs réponses lorsqu'ils ont visité un refuge durant la deuxième nuit étant donné l’affluence de drogue et de violence. McAdams aurait vu quelqu'un, dans le même dortoir, s'injecter des drogues dans le bras et a également été témoin d'une bagarre.
 
« Je ne veux pas me focaliser sur ma brève expérience étant donné qu’il y a des gens qui vivent quotidiennement la même expérience, mais en pire », a-t-il déclaré. « Les choses que j'ai vues en si peu de temps ont été choquantes et accentué mon engagement à agir rapidement ».
 
On a dit à McAdams de ne pas enlever ses chaussures au risque de se les faire volées et de ne pas aller dans les toilettes parce que c'était trop dangereux.
 
Ce ne sont pas seulement des adultes qui cherchent un refuge dans ces endroits, mais aussi des familles et des enfants.
 
« Quel traumatisme psychologique est probablement infligé à un enfant qui ne sait pas où il dormira ni quand il mangera ? » a demandé McAdams en expliquant que « nous devons mieux faire pour ces enfants ».