Des scientifiques d’Harvard pensent avoir mis en évidence la source physique de la conscience

Publié le 08/11/2016

Les scientifiques ont lutté pendant des millénaires pour comprendre la nature de la conscience humaine et malgré les progrès des neurosciences, ils ne savent toujours pas vraiment d'où elle provient.


Néanmoins, des chercheurs pensent avoir enfin compris ses origines physiques, après avoir repéré un réseau de trois régions spécifiques du cerveau semblant jouer un rôle crucial pour la conscience.
 
Cela pourrait aider les chercheurs à trouver de nouveaux traitements pour les patients plongés dans un état végétatif.
 
« Pour la première fois, nous avons trouvé un lien entre la région du tronc cérébral impliquée dans l'excitation et les régions à l’origine de la sensibilité, deux conditions préalables pour la conscience », a déclaré le chercheur principal, Michael Fox du Beth Israel Deaconess Medical Center à l’Harvard Medical School.
 
« Un grand nombre de pièces à conviction sont réunies pour mettre en évidence ce réseau qui joue un rôle au niveau de la conscience humaine. »
 
Les chercheurs ont longtemps pensé que la conscience se trouvait quelque part dans le cortex, la couche externe du cerveau, mais personne n'a été en mesure d’en déterminer la localisation précise.
 
Aujourd’hui, l'équipe d’Harvard a identifié non seulement la région spécifique du tronc cérébral liée à l'excitation, mais aussi deux régions du cortex, qui semblent travailler ensemble pour produire la conscience.
 
Pour comprendre cela, l'équipe a réalisé des analyses chez 36 patients ayant subi des lésions du tronc cérébral, dont 12 d'entre eux étaient dans le coma (inconscient) et 24 qualifiés de conscient.
 
Les chercheurs ont ensuite radiographié leurs troncs cérébraux pour savoir si une région particulière était susceptible d’expliquer pourquoi certains patients continuaient à demeurer conscients en dépit de leurs lésions, tandis que d'autres étaient devenus comateux.
 
Ils ont découvert qu’une petite zone du tronc cérébral, connue sous le nom de « rostrale dorsolatéral pontine tegmentum » étaient significativement associée au coma. Dix des 12 patients inconscients avaient subi des dommages à cet endroit, alors que seulement un des 24 patients demeurait conscient.
 
Ce qui laisse supposer que cette petite région du tronc cérébral est importante pour la conscience.
 
Dans le but de comprendre comment d'autres parties du cerveau sont entièrement connectées à cette région, l'équipe a analysé une carte du cerveau d’un être humain sain, montrant toutes les différentes connexions qui pouvaient exister.


Ils ont identifié deux zones situées dans le cortex et qui étaient liées à la « rostrale dorsolatéral pontine tegmentum », plus susceptibles de jouer un rôle en termes de régulation de la conscience. En l’occurrence l’insula antérieure et le Cortex cingulaire antérieur.
 
Des études antérieures ont déjà lié ces deux régions à l'excitation ainsi qu’à la sensibilité, mais c’est la première fois qu'on les relie au tronc cérébral.
 
Une autre équipe a vérifié leur travail en analysant les IRM de 45 patients dans le coma ou dans un état végétatif, démontrant une connexion entre ces trois régions perturbées.
 
Des équipes indépendantes devront également confirmer leurs résultats avant que nous puissions affirmer avec certitude que ces trois régions sont la source physique de la conscience dans notre cerveau.
 
En attendant, la recherche devrait conduire à de nouvelles options de traitement pour les patients dans le coma et dans des états végétatifs, avec des cerveaux en bonne santé, bien que ne pouvant pas reprendre conscience.
 
La recherche a été publiée sur neurology.org.