Attentats, la coupe est pleine. Seule solution depuis Charlie : Agir comme un pays en guerre ?

attentats la coupe est pleine
Publié le 16.07.2016  | Par Pascal Esiala, du collectif Vertical-Project.

Que des mesures simples mais des mesures de guerre. Des bisounours apprêtés pour une soirée mondaine dont le comportement est comparable à celui de collaborateurs plutôt que de protecteurs, il y en a vraiment marre !


C'est un impératif. Nous avons des dirigeants qui  prétendent être en situation de guerre, mais qui continuent d'attendre qu'un individu ait déchiqueté une centaine de femmes et d'enfants en liesse avant de le stopper. Ce sont des croque-morts, une couronne mortuaire à offrir dans une main, une légion d'honneur dans l'autre. Bavure pour bavure, il va bien falloir se décider à ordonner la bavure de tirer sur UN suspect innocent, sans nécessairement le tuer, plutôt que participer à la bavure de le laisser massacrer sans se mouiller une centaine de civils sans défense.

Certes, il faut pour cela réapprendre aux policiers et gendarmes français à tirer autre part que dans la tête. C'est ce qui se fait en temps de guerre. Car un terroriste mort ne parle pas. Quant aux terroristes non tués, eux par les policiers étrangers, mais incarcérés. Ils ne parlent pas non plus. Ils regardent le feu d'artifice de Nice à la télé et font du sport. À croire qu'il ne faut surtout pas qu'ils parlent! Nos élus continuent à les chouchouter à la sauce Taubira, alors que ce sont des guerriers (djihadistes) psychotiques dont le suprême courage est d'assassiner massivement des civils sans défense. C'en est vraiment trop, cette indécence. Cette indigence.

Pour chaque français il paraît évident que les terroristes capturés doivent êtres cuisinés par nos militaires. Mieux habilités à gérer les situations de guerre. Mais ce n'est pas l'avis de nos élus que guerre & paix à la fois rendent schizos.

Pas encore assez de drames d'un coté et de subsides de l'autre. Logique d'élections? Cherchez les erreurs, car il y en a. La fréquence quasi semestrielle des attentats a t-elle un sens? Encore deux à prévoir mes chers compatriotes ! La sécurité en fan-zones d'une organisation nationale consensuelle de gauche réussie, ramadan aidant, versus la sécurité défaillante d'une municipalité engagée à droite, pour l'Aïd.

L'inadaptation de nos élus risque fort de dépasser le seuil engendré par la douleur de chaque français. Ils n'ont absolument pas conscience du fait que chaque français est atteint dans sa chair par le sang de chaque victime et de chaque personne endeuillée. N'est-ce pas typiquement ce que n'ont pas compris les élus turcs ? Cette forme de divergence d'objectifs. Ce grand écart entre les intérêts électoraux du pouvoir et ceux du peuple nous mène historiquement dans le même cul-de-sac.

Au commencement, si, comme son président lui avait expliqué, notre ministre de l'intérieur avait raisonné en situation de guerre, ll aurait positionné les vigiles de Charlie Hebdo sur les toits d'en face pour tirer, plutôt que de les fixer à un poteau d'exécution et de condamner de facto à mort leurs protégés. Pas vu assez de films de far-west probablement ?

Le pouvoir nous a engagés dans la guerre, alors il est temps de changer de coiffeur pour celui de la caserne.


Une seule solution : Agir comme un pays en guerre.
 
Interférer le plus simplement possible, mais très en amont, dans toutes les procédures répertoriées quimènent aux actes. Planter des interférences basées sur l'organisation d'une contribution civique aux renseignements.

Dès qu'un processus, comme celui de la location d'un appartement ou celui d'un véhicule, fait partie des préparatifs, il doit être modélisé et décortiqué pour y insérer des pièges à renseignements. Des indices et des indicateurs. Il faut en urgence informer et former tous les agents d'accueil d'agence immobilière, de location de véhicules. Les aider à savoir poser des questions opportunes et rendre immédiatement compte à la police d'un indice auquel ils auront été initiés.

Il ne s'agit que d'un exemple parmi tous les processus à recenser, mais celui-ci a le mérite d'être simple et connu.

Tous les attentats ont été commis avec des véhicules de location.

Il serait peut être temps de rendre compte, lorsqu' un profile d'individu est remarquable par des indices à répertorier, comme des papiers d'identité inhabituels, les tampons de passeport, le paiement en espèces, le comportement forcé, au contraire désinhibé ou des propos du genre : "Je loue un 19 tonnesfrigorifique pour un déménagement !" Il a de l'humour le bougre. Déménagement de viande fraîche? Bon sang, mais c'est l'horreur totale cette ingénuité de l'agence de location qui nous endeuille !

En temps de paix, l'agent de location a fait son boulot. En temps de guerre, il a contribué au drame par manque de sens du devoir et a collaboré avec l'ennemi. C'est toute la différence, mais elle est tellement énorme qu'elle a endeuillé la France pour trois jours, pour toujours. Il est impératif de coordonner la police, les services de renseignements et les sociétés de location de véhicule. De mobiliser ainsi chaque français pour anticiper et prévenir à son niveau plutôt que pleurer les assassinats en masse qui dépassent l'imagination.

Il existe bien des Accords de renseignements avec les chaînes hôtelières. Avec les réseaux mafieux. Avec les réseaux de stups et de justice fréquentés assidûment par les terroristes. Au passage, onprélève le sang d'un automobiliste paisible, mais pas celui d'un terroriste même mort, pour connaître le seuil du taux d'intoxication nécessaire à sa couardise. A minima on ne le divulgue pas.
Ce sont les mailles étroites des filets de renseignements civils qui arrêteront un camion mieux qu'un pistolet. Chaque français, avec un seul grain de sable, doit enrayer une kalachnikov. Au point de déjouertous les plans néfastes, toutes formes de terrorisme et pas uniquement celles qui se voient.

Chacun de nous devons dorénavant apporter notre contribution civique aux renseignements pour que notre grain de sable enraye des processus meurtriers sans aucune entrave aujourd'hui, pas même celle des caméras de surveillance de la ville la mieux équipée de France.

Personne ne s'est demandé derrière les écrans de contrôle ce que faisait là garé ou roulant, ce 19 tonnes frigo sans aucune marque de société ni urbaine? (pour ramasser des barrières?! Et bien onvérifie! Parce que les barrières ne se conservent pas au froid). Ni leur conscience ni leur responsabilité ne seront effleurées. Pas même celle des deux ASVP qui, supposons-le, n'ont pas pu glisser la contravention de stationnement irrégulier sous l'essuie-glace...parce qu'il était trop haut. Mais on peutparier qu'ils n'auraient rien trouvé d'anormal à rapporter à leur hiérarchie. Laquelle, si elle avait été prévenue, s'en serait moquée . Comme en temps de paix.

Chaque témoin passif est désormais complice de nos massacres. Pour éviter des montagnes de chagrin, pour des générations et des générations et bientôt une révolte à l'Autrichienne ou à la Turque, des mesures aussi dérisoires auraient du faire appel à la conscience de tous ceux qui se sont dit: "Mais qu'est-ce qu'il fout là ce camion ?" Non, ils sont restés dans la routine de paix en se résignant ainsi aux massacres.

Nous tous, sommes inconscients de l'agressivité du Nouveau Monde déséquilibré dans lequel on baigne. Un monde où des femmes se baignent justement habillées en voiles noirs de la tête aux pieds, comme des fantômes horribles, en deuil de nos morts, mais dans l'eau claire de nos plages françaises. Je viens d'en être témoin et franchement ça met aussi mal à l'aise que d'assister à l'atterrissage d'un ovni. Adieu les belles sirènes de notre enfance, maintenant des sortes de cadavres noirs flottent, immobiles, entre deux eaux à vos côtés.

Nous devons apprendre à dégainer notre portable. Il y aura des bavures, mais des conséquences infimes au regard de ce qui nous attend sans cela. Sûr que des parents de victimes eux-mêmes regrettent aujourd'hui de ne l'avoir pas fait en voyant ce camion énorme garé sous leur fenêtre. Ou de le voir s'approcher, aussi incongru et menaçant que dans le film d'horreur "Duel", pas dans le dos d'Yves Montant mais face à 30 000 personnes fragilisées par une insouciance passagère méritée, les yeux pleins d'étoiles et ravis de vivre.

Il est grand temps de nous adapter, de nous relever à la verticale et de foncer nous aussi dans le tas de manière légale. De tendre un filet solidaire et sioux, avant que chaque français, en rage de constater l'inadaptation chronique de l'ENA, comparée à Saint-Cyr face à la guerre, ne prenne une arme contre son voisin et contre le pouvoir.

Pascal Esiala