Record d'assassinats de militants environnementaux en 2016

Publié le 23.07.2017 
 
Si nous ne sommes pas prêts à agir dans ce monde, alors comment allons-nous créer un avenir plus lumineux ? C'est en agissant que nous préparons le terrain pour d’autres et ainsi établir les conditions nécessaires au véritablement changement de paradigme. Néanmoins, nous n’ignorons pas le fait que l'activisme puisse entraîner de la répression. C'est ainsi qu'en 2016, des militants environnementaux ont été assassinés en nombre record.


Il faut savoir que durant ces dernières années en Amérique du Nord, des journalistes, des écrivains et des avocats ont été retrouvés morts ainsi que de nombreux civils blessés alors qu'ils protestaient contre le Dakota Access Pipeline.
 
Rappelons également que des défenseurs de l'environnement sont quotidiennement menacés ou tués à travers le monde pour leur bravoure.
 
Selon un nouveau rapport du Global Witness, l’année 2016 a été celle où le plus d’activistes a été assassinés alors qu’ils prenaient position contre les exploitations minières et forestières, l'agriculture et les industries connexes.


La photo ci-dessus est celle de Berta Caceres, l’une de ces nombreuses courageuses âmes.
 
En 2016, près de quatre personnes ont été assassinés chaque semaine alors qu’ils défendaient l'environnement ou leur habitat.
 
D'autres sont quotidiennement intimidés à l’aide de menaces de mort, d’agressions sexuelles, d’arrestations, de chantage et de menaces contre des membres de leur famille.
 
Le plus grand nombre de meurtres a eu lieu au Brésil, en Colombie ainsi qu’aux Philippines.
 
On dénombre en tout 200 morts de militants environnementaux dans 24 pays alors que le Global Witness a estimé que les chiffres réels étaient probablement nettement plus élevés que ceux enregistrés dans le rapport.
 
A noter qu’environ 40% des personnes tuées étaient indigènes.
 
L’une des plus fortes augmentations du nombre de meurtres de militants environnementaux concerne l’Inde. Le pays a connu une augmentation de 300% par rapport à l'année dernière, alors que l'Inde a tout de même compté 16 décès en 2016.
 
Le rapport explique cela par l'augmentation récente de la brutalité policière lors de manifestations publiques.

Au moins 116 militants écologistes ont été assassinés en 2014, alors qu’ils/elles menaient des campagnes contre les exploitations minières, les abattages de forêts ou encore l’accaparement de l’eau et des terres, si l’on s’accorde aux rapports.

Le nombre de morts était déja en augmentation, selon le rapport du groupe britannique Global Witness, avec en moyenne deux personnes mourant chaque semaine, soit cinq fois plus qu’en 2013.
 
Bien que beaucoup de ces meurtres n'aient pas été résolus, la grande majorité des militants a été tuée par des forces policières ou militaires. L'ironie est que les médias traditionnels dépeignent souvent ces victimes comme des criminels.
 
Pour beaucoup d'entre nous qui admirons et respectons l'environnement, cela peut sembler complétement aberrant.
 
Pourquoi n’aurions-nous pas le droit de défendre la terre et les ressources dont nous avons besoin pour survivre ?
 
« Les gouvernements et entreprises ne parviennent pas à s'attaquer à la principale cause fondamentale des protestations militantes : l'imposition sur les projets des communautés sans leur consentement libre, préalable et éclairé », conclut le rapport.
 
« La protestation est souvent le seul recours laissé aux communautés souhaitant exercer leur droit d'avoir leur mot à dire quant à l'utilisation de leurs terres et de leurs ressources naturelles. Ils s’opposent généralement à ceux qui recherchent des bénéfices à tout prix ».
 
Si notre air est pollué et que notre eau est sale, alors nous ne pouvons littéralement pas survivre.
 
« Ces rapports mettent en lumière des faits très sombres », a déclaré Ben Leather, militant de Global Witness, dans un communiqué de presse.
 
« La lutte pour protéger la planète s'intensifie et le coût se calcule pour l’instant en vies humaines. Un grand nombre de personnes ne dispose plus d’aucune autre option que de s'opposer au vol de leurs terres ou à la destruction de leur environnement. Trop souvent, ils sont brutalement réduits au silence par les élites politiques et commerciales, tandis que les investisseurs qui les financent n’agissent pas. »
 
Il est clair que nous assistons à un changement de conscience sur notre planète et que de plus en plus de gens s’éveillent sur ces sujets.
 
Il semblerait, pour la première fois, qu’un élan général se soit formé pour empêcher que cette planète ne soit détruite, malgré les lobbies obscurs.